Economie

Samedi 30 avril 2005

Honteux d'avouer leurs péchés, les promoteurs du « oui » de tout bord tentent, contre vents et marées, de montrer que le traité constitutionnel n'est pas un traité libéral ! Ils brandissent notamment à cet effet larticle I-3-3 : « L'Union oeuvre pour le développement durable de l'Europe fondé sur une croissance économique équilibrée et sur la stabilité des prix, une économie sociale de marche hautement compétitive, qui tend au plein emploi et au progrès social et un niveau élevé de protection et damélioration de la qualité de lenvironnement. »
Cette phrase est à première vue progressiste. Décortiquée, elle transpire de la nouvelle pensée unique, celle qui veut appuyer la marche du néo-libéralisme sur des béquilles morales et éthiques.

La stabilité des prix est devenue une obsession depuis lépisode inflationniste des années 70. Les salaires et la protection sociale des travailleurs, mordant sur la part du gâteau revendiquée par les actionnaires, avaient alors si bien progressé que la hausse des prix fut la réponse immédiate trouvée par les entreprises pour préserver les profits, en vain. Elles ont depuis bénéficié de la baisse des salaires. Linflation avait fini par miner le patrimoine même des épargnants. Contrairement à ce quil fut dit, elle nétait pas le symbole de la faillite du keynésianisme mais la réponse des capitalistes à leuthanasie du rentier, trop bien pratiquée par les politiques keynésiennes ! Linflation nétait donc aucunement dorigine monétaire, contrairement à la thèse monétariste en vertu de laquelle, dans le traité constitutionnel, son contrôle est confié à une Banque centrale indépendante. Ce principe est en vérité lalibi de la restriction de la création monétaire, présumée néfaste, surtout pour financer des investissements publics supposés fausser la concurrence. Cest pourquoi la partie III encadre strictement le maniement des instruments budgétaire et monétaire en constitutionnalisant le pacte de stabilité et les missions de la BCE. La politique suicidaire de la BCE entretient malheureusement un « euro fort » qui pénalise lEurope. Les entreprises sont poussées à baisser les salaires et à délocaliser. Le pouvoir dachat baisse et le chômage explose. Le traité organise en outre de vastes transferts de droits de propriété au détriment des entreprises publiques qui, asphyxiées par linterdiction des aides de lEtat, seront contraintes « douvrir leur capital » pour lever des fonds propres.

Dans ce monde néo-libéral, l'utopie de l'article I-3-3 revient alors à prier les actionnaires et les fonds de pension de pratiquer le « commerce équitable » ou le « développement durable »  grâce à une économie sociale de marché, hautement compétitive... comme chez Nike ! Outre que la foi en une « économie sociale de marché » est parfaitement partagée par la charité libérale et par la branche sociale-chrétienne, le principe dune économie « hautement compétitive » est au plus haut point ambigu. Le terme même de licenciement pour motif de compétitivité fit lobjet dun vif débat avec les syndicats lors de la préparation de la loi sur les restructurations du gouvernement Raffarin parce quil présageait de linscription dans la loi des licenciements boursiers, accompagnant des délocalisations qui se multiplient.


Enfin, pour les promoteurs du « oui de gauche», lobjectif de plein emploi, qui se distingue celui « droit au travail », parachèverait le caractère progressiste du traité ! Or noublions jamais que, pour les économistes libéraux, léconomie mue par la concurrence non-faussée est toujours en plein-emploi, même avec trois millions de chômeurs en France et cinq millions en Allemagne ! Pour les libéraux, le plein-emploi correspond à la situation déquilibre de léconomie où le chômage est de nature volontaire. Le chômage serait en toute circonstance choisi par les travailleurs, préférant le « loisir », dès lors quils peuvent « profiter » des allocations chômage. Cest dans ce sens quil faut comprendre la notion de « droit de travailler », complémentaire, dans lesprit libéral du traité, de celle de « droit au chômage volontaire » ! Cette grille de lecture, adoptée pour définir la stratégie pour lemploi de Lisbonne, invite déjà les pays de lUnion à accroître le « taux demploi » des chômeurs suspectés de profiter des allocations chômage et de refuser les emplois à bas salaires. Elle sincarne dans certains plans de cohésion sociale en France et en Allemagne par la réduction de la durée dindemnisation du chômage, assortie de menaces de sanctions des chômeurs Les chemins de lenfer libéral sont décidément toujours pavés de bonnes intentions sociales.


Politis, 28 avril 2005


L'auteur est animateur des collectifs pour le NonSocialiste, auteur de Refermons la parenthèse libérale !, éd. La Dispute


Par Liem Hoang-Ngoc
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Mercredi 1 juin 2005

Fier de notre NON !

boule de neige qu'on dise oui ??? t'as un train de retard.

Nous avons dit non ! Tu le sais maintenant, il y a des m(#(#Ã#)©#)dias dans ton coin. Mais les croit pas s'il te dise que c'est par égoïsme, vue étroite.

Non ce sont les classes laissées pour compte qui ont dit non. Et nous avons nos "élites".....mot tant décrié durant la campagne.
Elles se trouvent dans Attac, Copernic, les Amis du Monde Diplomatique, le Parti Socialiste (he oui yen a !) ou nulle part. ET ceux-là ne sont que Généreux (il y a même un qui justement porte bien ce nom).

Nous en avons assez des pauvres qui augmentent dans toute l'Europe (y compris chez les nouveaux arrivants), des chômeurs, des recul sociaux de toutes sortes.

Nous voudrions que les acquis sociaux de l'Europe de l'Ouest arrêtent de reculer. Et que l'Europe de l'Est puisse en bénéficier plutôt que d'avoir le choix entre dumping social et fiscal, puisqu'aucun budget ne leur est prévu, à contrario de ce qui a été fait pour l'Espagne, le Portugal et la Grèce.

Annie Stasse - 01.06.05 à 03:33 - # - Répondre -

Re: Fier de notre NON !

Je parlais du OUI à un effort supplémentaire en faveur du . Votre NON au référendum, je suis loin de le trouver négatif, comme je l'ai écrit dans le deuxième paragraphe. Un enrichissement qui comporte autant d'exclus est inadmissible. En passant, ATTAC est aussi au Québec. Je ne connaissais cependant pas Copernic que vous m'aurez permis de découvrir.

Le OUI de l'Europe à un plus grand financement du développement est déjà beaucoup comparé à ce que fait l'Amérique de Bush, mais il est encore trop timide.

michelmonette - 01.06.05 à 19:02 - # - Répondre -

Re: Re: Fier de notre NON !

Excuse-moi de t'avoir mal compris.
Quand tu parles "un plus grand financement du développement" tu parles des investissements? Effectivement en France aucun apport conséquent à des investissements de moyenne et longue durée. De même une autre chose qui change c'est l'épargne qui est importante. C'est l'esprit français "du bas de laine" du paysan. Et de mon point de vue il ne peut être qu'important au vue du risque chômage.

Annie Stasse - 02.06.05 à 02:19 - # - Répondre -

Re: Re: Re: Fier de notre NON !

Il y a deux mouvements qui commencent lentement à converger vers un investissement plus respectueux des êtres humains : l'investissement éthique et solidaire d'une part, l'épargne solidaire de l'autre. Du côté de l'investissement (actions, obligations), ce qu'il faut, c'est investir dans la solidarité. Du côté de l'épargne, il est tout à fait possible, tout en assurant nos arrières, de mettre une partie de notre épargne dans une institution qui va l'utiliser pour financer, par exemple, des projets d'achats équitables. En somme d'avoir des "bas de laine" solidaire.

Bref, on peut laisser les banques et les investisseurs institutionnels (caisses de retraite, mutuelles d'assurances et autres) décider, ou on peut exiger de celles-ci un comportement différent qui va être davantage créateur d'emplois correctement rémunérés partout dans le monde, France compris ;-)

Nous avons le pouvoir d'exiger, exigeons un investissement humainement rentable !

michelmonette - 02.06.05 à 07:26 - # - Répondre -

Re: Re: Re: Re: Fier de notre NON !

(ça devient un dialogue!)

Je vois que nous n'employons pas les mêmes mots en français de France et en français du Canada. Pour notre part, dans la tradition française les solidarités (chômage, santé, retraite, etc...) sont mutualisées. Un des problème que nous avons en ce moment est de les transformer en épargne obligatoire. Très différent. Nous n'en voulons pas d'où en partie notre NON.

Un des inconvénients de l'épargne obligatoire sont : les fonds de retraite, à l'anglo-saxon. Il y a parallèlement un mouvement pour "interesser" les salariés à leurs entreprises.

Dans les deux cas ils "forcent" les salariés à devenir actionnaire. Ils en espèrent une accalmie du salariat (qui forme 89 % des revenus des français).

Veulent-ils que les français deviennent schizophrène : d'un côté voulant + de profit en action et donc baisser les salaires, de l'autre augmenter les salaires et donc baisser les profits d'actions ?

PS - je vais copier coller notre dialogue que je trouve interessant pour mon site.

Annie Stasse - 02.06.05 à 13:51 - # - Répondre -

Re: Re: Re: Re: Re: Fier de notre NON !

Fort intéressant en effet comme dialogue. Je possède un régime de retraite par répartition, mais il est vrai que bon nombre de Québécois ont un régime par capitalisation. Mon régime est "déposé" à la Caisse de dépôt et placement du Québec qui l'investit dans l'économie du Québec. Notre caisse de chômage, pour sa part, est à Ottawa qui l'utilise abondamment pour réduire la dette fédérale. C'est d'ailleurs l'objet d'un intense débat, puisque la moitié seulement des cotisations retournent, dans les faits, aux chômeurs. Qui ramasse les pots cassés ? Le gouvernement du Québec qui doit prendre à sa charge ceux qui ne réussissent pas à avoir du chômage.

L'assurance-maladie est pour sa part de juridiction québécoise, tout comme l'assurance médicament, de même que l'assurance automobile pour l'indemnisation des victimes de la route. Tout cela relève de l'État. Le gouvernement québécois actuel a voulu réduire le rôle de l'État. Mal lui en pris. Nous n'avons jamais eu un gouvernement aussi bas dans les sondages. Les Québécois ont compris qu'ils n'avaient rien à gagner au désengagement de l'État, bien au contraire.

Il n'y a pas vraiment d'incitatifs de ce côté-ci de l'Atlantique pour que les travailleurs deviennent actionnaires de leur entreprise.

Petite précision, je suis Canadien par accident historique, mais profondément Québécois. Nous avons perdu deux référendums, mais nous n'avons pas dit notre dernier mot. Ceci dit, je n'ai rien contre les Canadiens.

Reste l'immense problème des pays dits sous-développés qui ont peu de revenus et par conséquent offrent peu de protection sociale à leurs populations. Je sais que quelques institutions financières en Europe offrent des possibilités à leurs clientèles d'épargner tout en investissant dans des entreprises situées dans des pays pauvres qui ont bien besoin de capital. Nous n'avons pas vraiment l'équivalent au Québec.
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michelmonette - 02.06.05 à 23:44 - # - Répondre -
 

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Fier de notre NON !

La Caisse des dépôts et placement du Québec ressemble fort à notre Caisse des Dépôts et Consignations totalement sous la maîtrise de l'Etat. Je crois que cette caisse à plus ou moins disparue. Mais n'a absolument pas le même usage.

Le déficit de notre régime social dont il est tant question actuellement (depuis les années 90, sous gouvernement social-libéral) en particulier en fait depuis que l'état a lâché du pouvoir économique et le laisse aux mains (trop pour certains, pas assez pour d'autres) du marché "libre et non faussé" ! que parait-il notre système coûte trop cher...Alors il nous faudrait ne plus avoir de protections sociales ? Comme je suis sûre que non et qu'ils voient pas plus loin que leur bout de nez, ils ne pensent pas que privatiser les cotisations sociales reviendraient beaucoup plus cher à tous car il faudrait bien que les salariés aient un revenu conséquent pour cotiser individuellement à des caisses qui dans ce cas demanderaient en plus un bénéfice.....

Le déficit est du en fait :
- au chomâge devenu endémique
- aux réductions de cotisations faites au patronat que l'état ne remboursent pas
- aux non versements des dettes (toujours) du patronat laissé en l'état !

Je constate avec plaisir que vous n'êtes pas si "américanisés" que je croyais dans votre système social.

Les gouvernements qui furent en majorités socialistes dans les années 90 et 2000 en Europe (Blair, Schroeder, Jospin, Zapattero...) ont tous pris un tournant appelés soio-libéraux. Ils se sont tous coupés de leur électorat. Ils ont tous voulu laisser le libéralisme prendre le pouvoir dans les choix de l'Europe.

Alors excusez-moi si je parle peu des pays sous-développés. Dans l'actualité immédiate mon regard est porté sur l'avenir de l'Europe. Europe modèle social pour la planète. Espoir pour les désespérés. Pour que les bombes humaines soient moins nombreuses, que les intégrismes régressent. Dans quelques mois, j'espère que nous aurons redonné une autre voie à travers cette nouvelle gauche qui est née dans cette campagne pour le non. Nous avons un tel travail à faire dans le Parti Socialiste français, de jointure avec les PS européens...Sinon.....mais continuons à espérer, rien n'est joué

Le peuple de France vient de montrer à la fois son ras-le-bol et sa capacité à s'interesser à la politique, contrairement à ce que nos gouvernants pensaient.

A part ça mon premier acte militant fut sur les marchés parisiens en 64 de vente de "Le Courrier du Vietnam". Plus tard la Palestine, les kurdes, le Chili, et tellement d'autres.

Sur l'épargne des pays dits sous-développés, Je sais peu de chose. Je sais qu'il existe des prêts à taux 0 et très bas pour permettre une entreprise familiale. L'épargne destinée aux pays du tiers monde existe, mais est minime. Je ne crois pas à la suffisance de mobilisation individuelle, mais seulement collectif (incitatif d'état par exemple).

Je ne crois pas que la croissance 0 arrangerait la planète. Et bien sûr il s'agit simplement que cette croissance soit liée au confort de la personne et non à la consommation comme actuellement.

Annie Stasse - 03.06.05 à 07:50 - # - Répondre -
 
Par Annie/Michel Monette
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Vendredi 3 juin 2005

Un spectre hante l'Europe : un " non » français au traité constitutionnel. Le « non » ne signifierait aucunement l'abandon de la monnaie unique et du projet politique européen, il le ferait rebondir et placerait la France en position de force dans la renégociation du texte. Il permettrait à la gauche française de lever le malentendu quelle entretient avec le peuple, né dune parenthèse ouverte en 1983.



Souvenons-nous,cest à ce moment que François Mitterrand, convaincu par Jacques Delors contre Jean-Pierre Chevènement, décida daccélérer la construction européenne. La France venait de subir deux vagues de spéculation contre la plus audacieuse des politiques économiques quaucune gauche démocratique ait jamais tentées. Cétait entre 1981 et 1983. Jean-Pierre Chevènement, Laurent Fabius et Alain Lipietz lui proposaient à lépoque de sortir du SME pour se moquer des marchés financiers. François Mitterrand trancha un soir de mars 1983 en faveur de la coopération avec nos partenaires européens afin de tirer parti des potentialités dun grand marché unique et de la coordination en son sein des politiques économiques. La monnaie unique devait ensuite ouvrir la perspective dun euro-keynésianisme non contraint par une spéculation financière entre les monnaies nationales dalors.

Comme première condition nécessaire à la monnaie unique, il fallait arrimer le franc, attaqué par les marchés, au mark. Il fallait pour cela « ouvrir la parenthèse ». afin de rétablir la « confiance » des marchés. Le prix à payer fut donc la « désinflation compétitive ». Appuyée sur les trois rigueurs (monétaire, budgétaire et salariale), elle permit de rétablir le taux de rémunération du capital et les profits, mais ne fut pas étrangère à « vingt piteuses » années au cours desquelles la croissance, linvestissement et le pouvoir dachat resteront en berne.

Comme deuxième condition, il fallait convaincre nos partenaires allemands, peu enclins à aliéner leur souveraineté monétaire et à coopérer avec les pays du « club med ». Le prix à payer fut la concession dune banque centrale indépendante dont les statuts furent décalqués de ceux de la Bundesbank.

Ces sacrifices avaient cependant une contrepartie : la monnaie unique, que les authentiques libéraux et les marchés anglo-saxons ne cessèrent de vilipender, au point dorganiser une nouvelle spéculation contre le franc à la veille du référendum sur le traité de Maastricht, heureusement remporté par François Mitterrand. Il restait alors à remplir la bouteille, encore à moitié pleine (ou à moitié vide) dEurope sociale et fédérale. Malheureusement, cette bouteille sest, depuis, progressivement vidée.

La dérive libérale de lEurope commença à Amsterdam, où fut pérennisé le pacte de stabilité consacrant la rigueur budgétaire. Elle se poursuivit à Lisbonne, où la stratégie de lemploi pour une Europe hautement compétitive recommanda « dabaisser les charges fiscales pesant sur lemploi », « daméliorer lincitation des chômeurs à rechercher un emploi » en assurant le « suivi individuel » de leur formation. La dérive libérale atteignit des sommets à Barcelone où Jaques Chirac et Lionel Jospin acceptèrent dans un même paquet le dogme de léquilibre budgétaire, la réforme des retraites et louverture à la concurrence du secteur de lénergie. Pour couronner le tout, la commission mettait au point les directives nécessaires à assurer la libre circulation des marchandises et des services, telle que la directive Bolkestein.

Lensemble de ces principes et directives est consacré dans la partie III du traité constitutionnel, comme si lon avait joint à la constitution le programme économique dun parti libéral. Celle-ci devra être retirée en cas de renégociation du texte. La partie III encadre strictement la possibilité dutiliser les instruments budgétaire et monétaire, soupçonnés de fausser la concurrence et de provoquer linflation, en constitutionnalisant le pacte de stabilité et « lindépendance » de la BCE. Or la politique de la BCE entretient aujourdhui un taux de change de leuro excessif qui pénalise lEurope qui nest pas étrangère au fait que les entreprises soient poussées à baisser les salaires et à délocaliser. La partie III comprend toute la panoplie des politiques dajustement structurelles libérales. Elle promeut de plus la notion de services dintérêt économique général ouverts à la concurrence, qui représente un recul notoire par rapport à la notion de services publics parce quelle revient à confier la gestion des biens et services collectifs à entreprises privées ou privatisées. Schizophréniques, celles-ci devront à la fois produire à perte pour assurer ces missions tout en assurant les profits réclamés par leurs nouveaux actionnaires ! Larticle III-314 interdit la possibilité dun tarif douanier commun qui soit de nature à protéger les industries européennes de linvasion des marchandises produites par des entreprises délocalisées. Larticle III-156 interdit toute taxe Tobin qui soit de nature à prémunir lEurope dune éventuelle spéculation contre leuro.

Les promoteurs dun « oui de gauche » sabritent pour leur part sous les hospices de la charte des droits fondamentaux (partie II). Or la partie II « ne crée aucune compétence nouvelle » et préserve le principe de subsidiarité. Larticle III-210 écarte de son champ la protection sociale, le droit de grève et les salaires, tandis que Tony Blair a obtenu dans larticle III-171 que lharmonisation fiscale ne puisse avoir lieu quà lunanimité des 25 ! En labsence dun accroissement des fonds structurels, bridés par linterdiction faite à la banque centrale de les financer, les pays issus de lélargissement sont condamnés au dumping social et fiscal dans un marché unique avec monnaie unique.

Les promoteurs du « oui de gauche » brandissent également larticle I-3-3 définissant les principes dune « Europe de développement durable fondée sur () une économie sociale de marché, hautement compétitive, visant le plein emploi () ».

Malheureusement, le traité encadre strictement lutilisation des instruments monétaire et budgétaire. Il organise de vastes transferts de droits de propriété au détriment des entreprises publiques qui, asphyxiées pour cause de « concurrence non faussée », seront contraintes douvrir leur capital pour lever des fonds propres. Dès lors, la philosophie de larticle I-3-3 revient à appuyer la marche du capitalisme actionnarial sur des béquilles éthiques consistant à prier les actionnaires et les fonds de pension de pratiquer le développement durable... comme aux Etats-Unis. Outre que la foi en une « économie sociale de marché » est parfaitement partagée par la charité libérale et par la branche sociale du catholicisme, le principe dune économie « hautement compétitive » est au plus haut point ambigu. Le terme même de licenciement pour motif de compétitivité fit lobjet dun vif débat avec les syndicats lors de la préparation de la loi sur les restructurations du gouvernement Raffarin parce quil présageait de linscription dans la loi des licenciements boursiers. Cest encore au nom de la compétitivité que le MEDEF ne cesse de réclamer la fin des aides aux entreprises publiques et à léconomie sociale, soupçonnées de fausser la concurrence. Enfin, noublions jamais que, pour les économistes libéraux, léconomie mue par la concurrence parfaite converge toujours vers le plein-emploi, qui correspond à une situation où le chômage est de nature volontaire. Cette grille de lecture, adoptée pour définir la stratégie pour lemploi de Lisbonne, invite déjà les pays de lUnion à accroître le « taux demploi » des chômeurs suspectés de profiter des allocations chômage. Elle sincarne déjà en France et en Allemagne par la réduction de la durée dindemnisation du chômage, assortie de menaces de sanctions des chômeurs.

 

A lissue de ces vingt piteuses, moins que jamais, lEurope libérale parvient à assurer un taux dinvestissement laissant lespoir aux chômeurs de se réinsérer. Moins que jamais, le peuple peut sidentifier à cette constitution. Parce que le non est majoritairement de gauche, sa victoire, qui ne manquerait pas de se propager, remettrait au premier plan la question sociale dans toute lEurope. Cest en cela quelle inquiète les élites néo-libérales. En France, elle est porteuse dun rapport de force analogue à celui dun 10 mai 1981, nécessaire pour refermer la parenthèse libérale !


Refermons la parenthèse libérale !, éd. La Dispute

Par Liem Hoang-Ngoc
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Mercredi 19 octobre 2005
Pour répondre au malaise qui s’est exprimé le 29 mai dans les urnes, le gouvernement entendait renouer avec le « patriotisme économique » pour soutenir une « croissance sociale ». Il risque pourtant de ternir l’un des emblème du lien social républicain par une réforme de l’Impôt sur le Revenu qui anoblit les privilèges des nouveaux rentiers. Emblème de la rupture avec le régime censitaire, l’Impôt sur le Revenu est un attribut essentiel de la citoyenneté par lequel le financement de la politique publique, adoptée par le suffrage universel, est assuré par chacun en fonction de sa faculté contributive.


C’est ce principe de progressivité de l’impôt que les théories libérales « de l’offre » préconisent d’abattre. Elles défendent le principe d’une « flat tax », c’est-à-dire un taux d’imposition unique s’appliquant à tous les revenus imposables et assis sur une assiette large. Riches et pauvres paieraient le même impôt proportionnel, au nom de la récompense de « l’effort » (des rentiers !) et parce que, pour les néo-conservateurs, « trop d’impôt tue l’impôt ». Outre-Rhin, Angela Merkel proposait ainsi au cours de sa campagne électorale un taux unique à 25 %, assorti d’une réduction drastique des dépenses publiques. Le système français est déjà faiblement redistributif, en raison du poids des prélèvements proportionnels (tels que la TVA) et du faible rendement de l’IR, le seul qui soit progressif mais qui ne rapporte que 17 % des recettes fiscales. La réforme proposée par Dominique de Villepin ne propose pas une « flat tax », mais réduit encore la progressivité de l’IR, déjà entamée par la réforme Balladur (faisant passer le nombre de tranches de 11 à 6), puis par la baisse des taux marginaux, accomplies par les gouvernements Jospin et Raffarin. La nouvelle réforme fait passer le nombre de tranches de 6 à 4, tout en réduisant encore substantiellement les taux marginaux moyens et supérieurs, le taux de la tranche la plus élevée étant abaissé à 40 %, comme en Grande-Bretagne. La réforme bénéficie un peu plus aux revenus moyens, mais surtout aux revenus supérieurs qui paient l’impôt sur la fortune. Le principe du plafonnement de la fiscalité directe à 60 % du revenu rend en effet ce dernier totalement inopérant. Cette baisse de l’impôt de « ceux d’en haut » doit être compensée par un relèvement de la Prime Pour l’Emploi pour « ceux d’en bas ». La PPE fut d’ailleurs créée par le gouvernement de Lionel Jospin à cet effet, pour distribuer un crédit d’impôt aux salariés non-imposables en contrepartie des baisses d’impôts octroyées aux classes moyennes et supérieures. La terminologie même de la PPE est résolument libérale.

Celle-ci entend « inciter » les chômeurs à accepter les emplois « non-qualifiés » tout en dédouanant les entreprises d’augmenter les salaires. Elle est l’embryon d’un « impôt négatif » octroyé dans le cadre des politiques de discrimination positive en direction des travailleurs pauvres, sommés d’accepter les conditions d’un marché du travail dérégulé. La PPE n’apporte aucun supplément de revenu aux chômeurs, culpabilisés de refuser des emplois que l’économie, mal pilotée, est incapable de créer. C’est pourquoi il est aujourd’hui piquant de voir ses promoteurs au PS réclamer la suppression de la PPE et prôner la progressivité de l’impôt !

Des socialistes libéraux accomplis comme Tony Blair ne désavoueraient pas, pour leur part, les réformes en cours, au nom de l’efficacité économique. Dans le manifeste qu’il co-signait en 1999 avec Gerhard Schröder, il proclamait ainsi que « les sociaux-démocrates admettent aujourd’hui que, si les circonstances le permettent, les réformes fiscales et la baisse de l’impôt peuvent jouer un rôle primordial ». La réforme fiscale est également justifiée par le gouvernement Villepin au nom de la nécessité de relancer l’économie. Celle-ci souffre d’une panne de croissance due à la baisse du pouvoir d’achat poussant les ménages à se contenter d’importations bon marché et à la crise de l’investissement. Les erreurs de la BCE, puis le troisième choc pétrolier, pèsent de surcroît sur la compétitivité et la demande européennes.


Face à ce type de marasme, la baisse de la progressivité de l’impôt sur le revenu est malheureusement une erreur économique classique. En premier lieu, elle ne relancera aucunement le pouvoir d’achat populaire, principal moteur de la consommation, car elle distribue 3, 5 milliards de deniers publics en direction des classes aisées, celles dont la propension à épargner est la plus forte. L’épargne, dont le taux est historiquement élevé, pourrait certes alimenter l’investissement par le canal de la bourse. Malheureusement, la montée des profits, des dividendes et de l’épargne a coïncidé avec la poursuite de la tendance baissière de l’investissement, amorcée lors de la dernière décennie. Ce n’est pas parce que les entreprises peuvent s’autofinancer qu’elles investissent, surtout si leurs actionnaires écartent de nombreux projets stratégiques ne rapportant pas la rentabilité requise sur le très court terme. Le théorème Helmut Schmidt (« les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain ») est faux : « Les profits d’hier sont l’épargne d’aujourd’hui et le chômage de demain ». La baisse de l’Impôt sur les Sociétés, recommandée en complément par les « experts » du Conseil d’Analyse Economique, serait alors tout aussi inutile.

Dans ce contexte, la montée de l’endettement de l’Etat n’est aucunement due à un excès de dépenses publiques ! Elle résulte de la panne de croissance qui réduit mécaniquement des rentrées fiscales, de surcroît entamées par les baisses de prélèvements dont le coût a été chiffré à 22 milliards d’euros sur la période 2003-2005 ! La droite gaulliste incarnait l’alternative bonapartiste à la restauration libérale. Elle a depuis longtemps rompu avec le gaullisme social forgé au sein du Conseil National de la Résistance. Son faux patriotisme économique est doublement dangereux. Il nourrira la « décroissance anti-sociale » et ouvrira la voie aux pires populismes lorsqu’il sera avéré au grand jour que le néo-gaullisme affiché par le Premier ministre n’est que le cache-sexe politiquement correct du néo-conservatisme anglo-saxon brandi par son concurrent du même camp.

Auteur : Liêm HOANG-NGOC [29-09]

 

Paru dans Le Monde et sur le site d'Alternative Socialiste

Par Liêm HOANG-NGOC
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Jeudi 20 octobre 2005
L'Unedic indemnise moins d'un chômeur sur deux, à en moyenne moins de 600 euros par mois, alors que les salariés cotisent pour prévenir du risque chômage qui intervient de plus en plus souvent dans une vie aujourd'hui. Personne ne choisit d'être au chômage malgré ce que véhicule les tenants des différents pouvoirs et qui s'appuient sur la réelle souffrance qu'il y a trop souvent à avoir un emploi, surexploité et mal payé. Chaque chômeur doit être correctement indemnisé, sur la base du SMIC, ce qui ne pourrait que servir l'augmentation des salaires et résister à la précarisation généralisée de l'ensemble de la société.

Pour ce qui est du financement il convient de changer le mode actuel de fonctionnement. D'abord il y a nécessité de ne pas baser les cotisations sur la seule masse salariale mais de prélever également sur les profits et bénéfices des entreprises. Ensuite il faudrait pénaliser les entreprises qui ont systématiquement recours aux licenciements et à la précarité comme variables d'ajustement afin de satisfaire les actionnaires et au contraire favoriser les entreprises qui embauchent ou maintiennent des emplois.

Il faut redonner de la vigueur au paritarisme de l'Unedic, où certains syndicats votent systématiquement avec le Medef, contre l'intérêt des salariés et des chômeurs, en faisant participer les organisations que se sont données les chômeurs afin de les représenter. Fin 2005 la renégociation de l'assurance chômage se tiendra avec comme argument pour le Medef le déficit de l'Unedic, mais comment pourrait-il en être autrement quand ils baissent les cotisations, notamment patronales quand il y a des excédents ? Il faut que l'indemnisation du chômage soit une nouvelle branche de la sécurité sociale et non une trappe à pauvreté ouverte sous les pieds de chaque salarié qui fait grimper sans cesse le nombre de R'mistes.

Je suis d'accord avec les propositions de l'Apeis. Je demande leurs applications, je signe la pétition ! Pour signer la pétition :

http://www.apeis.org/article.php3?id_article=197

Par Anonyme
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Samedi 22 octobre 2005

Texte d'Isaac Johsua, membre du conseil scientifique d'Attac France, paru dans la rubrique "Rebonds" de Libération daté du 12 septembre.

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EMPLOI : ACTIVER LE MOTEUR CONSOMMATION

Un rythme élevé de croissance de l'économie est encore le plus sûr moyen de créer des emplois. Quelles leçons pouvons-nous tirer, de ce point de vue, du modèle américain, alors que notre économie fait du sur-place ? Reagan avait expliqué qu'il fallait s'attaquer aux rigidités de l'offre, mais avait fait jouer un modèle de la demande, par le biais d'un gigantesque déficit budgétaire. Egalement avocat du supply side, Bush Jr. a mis en réalité les Etats-Unis en régime de surconsommation permanente. La comparaison effectuée sous cet angle est du plus haut intérêt : aux Etats-Unis, la part de la consommation des ménages tourne autour de 70% du PIB ; en France, autour de 55%. Quinze points d'écart séparent les deux pays !

La consommation des ménages n'étant sujette, ni aux brutales fluctuations de l'investissement, ni aux incertitudes de l'exportation, elle peut fournir des assises solides pour l'expansion. Comment obtenir ce résultat en France, comment mobiliser la consommation privée, telle est la question centrale. Refuser d'imiter le modèle américain n'interdit pas de s'en inspirer. Et sur un point précis : le taux d'épargne des ménages. Ce taux (qui rapporte l'épargne des ménages à leur revenu disponible) oscille en France entre 15 et 17%, alors qu'en 2004 il est à 1,3% aux Etats-Unis. Si nous parvenions à réduire ce taux d'épargne de façon significative (sans aller évidemment jusqu'à l'insignifiance américaine), nous pourrions créer des conditions plus favorables pour l'expansion économique. L'enjeu est d'importance: en 2004 le rythme de croissance de la consommation des ménages français aurait été doublé si le taux d'épargne de ces derniers avait été réduit de trois points. Un tel glissement ne coûterait rien, alors qu'il faut s'endetter pour accroître une consommation publique qui, en France, compense la faiblesse de la consommation privée.

Pour y parvenir, il faudrait d'abord modifier en profondeur notre système fiscal. Celui-ci se montre particulièrement favorable à l'épargne et pèse lourdement sur la consommation, alors qu'il faudrait dissuader la première et encourager au contraire la seconde. Protéger l'épargne populaire est un impératif, mais la législation fiscale se montre bien accommodante avec l'assurance-vie, les PEA et autres PERP. Les sociétés font peu d'épargne, peu d'investissements, mais distribuent beaucoup de dividendes à des ménages à la propension à épargner élevée. En taxant sévèrement les dividendes, en encourageant au contraire l'autofinancement de l'investissement productif, on soutiendrait l'activité et favoriserait la modernisation des entreprises.

Parallèlement à la réforme fiscale, il faudrait mettre en ¦uvre une véritable politique de distribution des revenus. Celle-ci, poussant dans le sens de hausses prioritaires des salaires bas et moyens, cherchant à réduire l'ouverture de l'éventail des revenus, favoriserait par ce fait même l'essor de la consommation. Ce qui implique aussi, soit dit au passage, de revenir sur les allègements successifs de l'impôt sur le revenu qui ont été consentis ou qui sont programmés, car ils aboutissent au résultat inverse.

Mais, dira-t-on, si l'épargne est dissuadée, comment financer l'investissement ? Contrairement à ce qu'affirme le discours orthodoxe, réduire le taux d'épargne est certainement l'un des meilleurs moyens d'accroître l'investissement. En effet, les ménages continuent à dégager une importante capacité de financement mais celle-ci ne se traduit pas en montée de l'investissement des entreprises, faute de perspectives favorables en ce qui concerne la demande anticipée par ces dernières. Cette capacité de financement couvre les déficits publics, eux-mêmes dus, pour l'essentiel, à l'atonie de la conjoncture. Le redressement de la consommation et, dans la foulée, de l'investissement devrait gonfler les recettes des administrations publiques. Celles-ci seraient amenées à moins ponctionner une épargne des ménages rendue ainsi disponible pour les entreprises.

Par ailleurs, n'y a-t-il pas, dans une économie ouverte comme la nôtre, risque de détournement de la demande vers le reste du monde, entraînant un déséquilibre des échanges extérieurs, avec de maigres retombées pour la production et l'emploi ? Sans doute, mais quelle est la meilleure situation pour les entreprises nationales ? L'actuelle, avec des carnets de commande peu garnis et de sombres perspectives ? Ou se sentir soutenues par une demande à nouveau dynamique, quitte à ce qu'une partie de cette dernière produise ses effets à l'étranger ? Quant à l'épouvantail de 1981-82, si souvent agité, il a perdu de son sens : l'euro est une monnaie qui flotte et qui a au moins l'avantage de nous fournir un parapluie, parce qu'elle ne repose pas sur un seul pays mais s'adosse à une zone économique puissante.

Activer le moteur consommation implique la mise en ¦uvre de certaines politiques mais en exclut tout naturellement d'autres. Pour que les ménages se tournent franchement vers la consommation, le maître-mot doit être : rassurer. Il faut donc écarter toute mesure qui, entretenant la précarité, pousse ce faisant le taux d'épargne à la hausse. Le tout récent « contrat nouvelle embauche » est l'exemple même de ce qu'il ne faut pas faire. Il faut aussi renoncer aux départs à la retraite non remplacés dans la fonction publique, car comment redonner confiance aux ménages quand les actes démentent aussi ouvertement les paroles ? En un mot, il faut renoncer aux politiques d'inspiration libérale, entrer dans un modèle où, à la confiance retrouvée des ménages répondrait l'optimisme des consommateurs, une expansion soutenue et des chances enfin raisonnables dans la bataille de l'emploi.


Isaac Johsua est économiste

J'ai reçus ce texte par mail et je précise que Johsua appartient aussi à la LCR.

Par Annie
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Jeudi 27 octobre 2005

Qui regretterait le consensus, à gauche, pour que EDF "conserve" son statut de service public. Cependant plutôt que "conserver" mieux vaudrait exiger que EDF "retrouve" son statut public. En effet il y a déjà bien longtemps que EDF agit dans en Europe et dans le Monde comme une entreprise privée particulièrement prédatrice.

 

En Europe.

- Allemagne : allié, depuis 1999, à EnBW il est le troisième fournisseur en gaz et électricité.

- Autriche : 25% des parts, depuis 1998,  dans le groupe ESTAG qui fournit électricité et chauffage.

- Belgique : plusieurs sociétés actives et un bureau EDF à Bruxelles depuis 2002.

- Espagne : présent depuis 1999 dans le domaine de l'électricité avec sa filiale Hispaelec Energia SA

- Hongrie : depuis1995

- Italie : Partenaire de Edison depuis 1995, EDF y devient majoritaire en 2005 à la suite d'une OPA. En échange Edison participera à la construction de EPR contournant ainsi le refus italien du nucléaire.

- Pays Bas : depuis 1999, présent à la "bourse d'électricité"
- Pologne
: Présent depuis 1997 où il a participé à la première privatisation dans le secteur électrique. EDF est l'un des principaux fournisseurs d'électricité en Pologne. Une entreprise "publique" française qui privatise une entreprise publique polonaise, qui avait protesté à l'époque ?

- Portugal : présent dans la production.

- Royaume-uni : De 1998 à 2003 EDF Energy est devenu l'un des premiers fournisseurs d'électricité et le premier distributeur.

- Slovaquie : depuis 2002 EDF est l'un des principaux distributeurs d'électricité et de chaleur.

- Suisse : présent à travers EDF Helvetica

Dans le monde.

Afrique du sud (important contrat d'ingénierie nucléaire de puis 1998). Argentine. Brésil. Chine. Côte d'Ivoire. Egypte. USA. Maroc. Mexique.

 

Constat : EDF n'est déjà plus une entreprise française de service public mais une entreprise privée à l'échelle mondiale. Toutes ces acquisitions ont vidé les caisses( d'où l'appel actuel à ouverture du capital) Et les assurances  fournies aux partenaires que EDF elle-même ouvrirait son capital. Et tout ceci s'est mis en place essentiellement à partir de 1997. Du coup sont-ils crédibles ces syndicats et ce parti socialiste qui ont été témoins et acteurs de cette "privatisation" externe qui annonçait fatalement une privation "interne" ? Rappelons aussi  les processus de Lisbonne et Barcelone et la promesse de Jospin de l'ouverture du « marché » de l'électricité.

 

Mais ne boudons pas notre plaisir : "libéralisation", "privatisation", "commerce des services" sont devenus des mots imprononçables depuis un certain "Non" au TCE. "Nous renationaliserons" a dit le PS, "ce n'est pas un baroud d'honneur, a dit la CGT". Il s'agit non seulement de revenir au SP ,mais aussi de faire cesser l�expansion  sous Capitalisme d'Etat  de EDF SA.

 

Un service public oui : mais pas l'entreprise actuelle EDF SA régie suivant le "capitalisme d'état" du modèle  qui a été capable, sans débat public, de nous imposer le tout nucléaire. Le service décentralisé, démocratique, au service de la population est encore à construire mais le jeu en vaut la chandelle.

Car sans pouvoir public de gestion  il y a encore moins de chance de voir EDF « redevenir » un EPIC et cesser son comportement de prédateur multinational sous égide du capitalisme d'Etat.

 Le développement des énergies renouvelables nous en donne l'occasion.

 

Un partenariat international oui : mais pas celui des Véolia, Ondéo et SUEZ,Vinci, Générale des eaux, Lyonnaise etc... dans le domaine de l'eau et avec lesquels EDF est déjà souvent associé. Pas un "partenariat public privé" qui laisserait les risques au public et les bénéfices au privé mais un "partenariat public public". Car, comme l'eau, l'énergie ne peut plus être une marchandise.


Un Vert ex-Non

 

Par Anonyme
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Texte libre

Bonjour,

Je m'en vais. Du PS. J'ai fais ce que j'ai pu. La suite, donc les prémisses, puis le départ et l'après c'est sur sortie du PS

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